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La stratégie de la MSA en matière de prévention des risques phytosanitaires repose sur une bonne connaissance des produits, de leur impact sur la santé, des contraintes d'application et des conditions de travail des agriculteurs.
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Elle doit lui permettre d'agir aussi bien en direction des pouvoirs publics, des fabricants, des distributeurs et des professionnels agricoles.
Un réseau de compétences
L’approche santé-sécurité au travail de la MSA rassemble des médecins du travail et des ingénieurs et conseillers en prévention permettant de réunir des compétences médicales, ergonomiques, techniques (agricoles) et des compétences en hygiène et sécurité. Grâce à ce réseau qualifié, le risque phytosanitaire est abordé de manière globale. Cette approche complexe est complétée par un réseau de compétences complémentaires : toxicologues, agronomes, scientifiques que la MSA mobilise également autour d’elle.
Connaître les risques
L’amélioration de la connaissance de l’impact des produits phytosanitaires sur la santé humaine est essentielle. La MSA est engagée depuis plusieurs dizaines d’années sur des études épidémiologiques, d’exposition, d’ergotoxicité, afin d’avoir des éclairages sur la toxicité réelle des produits et sur les modes de contamination. Par ailleurs, elle mène des études ergonomiques pour étudier le travail réel des agriculteurs, ses contraintes lors de l’utilisation des produits et du port des équipements de protection individuels. Son objectif est d’élaborer, en fonction des résultats, une stratégie de prévention durable et gérable pour l’applicateur.
Intervenir auprès de tous les acteurs agricoles pour une prévention le plus en amont possible
L’agriculteur n’est pas seul responsable de sa propre prévention même s’il est le seul à prendre des risques. En matière de prévention, sa marge de manœuvre est réduite mais elle existe cependant. Il faut donc développer le plus possible la prévention primaire, c’est-à-dire à la source. Il faut pour cela impliquer l’ensemble des acteurs dans la gestion de ce risque, chacun ayant sa part de responsabilité et son rôle à jouer.
- Il faut intervenir auprès des Pouvoirs Publics (homologation, réglementation) et des fabricants de produits phytosanitaires (formulation, conditionnement, lisibilité de l’étiquette), pour ne pas mettre sur le marché des produits toxiques pour l’applicateur.
Il faut également développer des formulations moins contaminantes, agir pour un étiquetage plus clair, plus exact et plus lisible. Il faut tenir compte des personnes intervenant souvent manuellement sur les cultures après traitement.
Exemple
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Etiquetage des produits phytosanitaires : proposition d’amélioration pour une meilleure information à la sécurité des utilisateurs.
Objectif de la MSA : Que l’utilisateur lise réellement les indications liées à la sécurité sur l’étiquette. Après cette lecture, il doit disposer de toutes les connaissances nécessaires pour assurer sa sécurité lors de la manipulation du produit.
Moyen à mettre en œuvre : Amélioration de la lisibilité de l’étiquette en agissant sur sa dimension et celle du pictogramme de Danger, sur les phrases de risque et les conseils de prudence. La démarche d’amélioration vise essentiellement la forme, le fond répondant à une réglementation européenne. Elle a été présentée aux fabricants et aux pouvoirs publics.
La formation des applicateurs pour la préparation des traitements, l’entretien du matériel et les conditions d’application est tout aussi importante et demeure indispensable. |
- Il faut agir auprès des fabricants de pulvérisateurs et d’équipements de protection individuels (EPI) pour améliorer la fiabilité des matériels agricoles et les équipements utiles pour la mise en œuvre des produits. Il faut améliorer la protection en cabine, et améliorer également la fiabilité et la portabilité des EPI.
- Il faut agir auprès des relais et partenaires : distributeurs de produits et d’EPI, professionnels de santé (médecins généralistes, hôpitaux ruraux), partenaires Phytomieux...
- Il faut intervenir auprès du chef d’entreprise agricole pour le former, l’informer et le conseiller afin qu’il choisisse les produits en fonction d’une moindre toxicité, qu’il forme son personnel, qu’il organise le travail en séparant les phases de préparation des produits des phases d’application.
Les objectifs :
- qu’il devienne exigeant pour sa santé dans le choix du matériel,
- qu’il demande aux distributeurs les fiches de données de sécurité,
- qu’il organise une maintenance rigoureuse du matériel évitant les pannes,
- qu’il vérifie le réglage de la pulvérisation,
- qu’il gère le renouvellement des Equipements de Protection individuelle…
- Il faut agir pour former, informer et conseiller l’applicateur afin qu’il prenne conscience du risque et appréhende mieux les voies et moments de contamination.
L’objectif est d’éviter au maximum toute exposition cutanée, respiratoire ou digestive. Il est primordial qu’il connaisse les phases les plus à risque et porte une protection (gants, masque, combinaison) à ces moments clefs (préparation, nettoyage, incidents lors de la pulvérisation). En application ou en réentrée (intervention sur culture après que cette dernière ait été traitée), il est essentiel d’avoir une hygiène rigoureuse : se laver les mains après chaque intervention, prendre une douche immédiatement après le traitement, laver ses vêtement séparément.
L’agriculteur doit tenir compte des caractéristiques nocives des produits (volatiles, pulvérulents, toxiques), des imperfections des techniques d’application (pulvérisation) et des tracteurs (filtration de l’air), des contraintes des EPI (durée de vie des cartouches, port difficile). Pour cela, il doit se former afin d’être plus conscient du danger et plus exigent dans le choix de ses produits et de ses équipements.
Position de la MSA concernant les EPI (gants, masques, combinaisons)
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La protection individuelle est souvent très contraignante (gestion des équipement dans le temps ou entretien) et difficile à supporter des heures durant surtout lors de forte chaleur. Par ailleurs, elle donne une image dévalorisante de l’agriculteur.
L’EPI ne supprime ni le danger, ni le risque en totalité. C’est l’ultime rempart mais en aucun cas, il ne doit être un moyen de prévention à lui tout seul. La prévention basée sur le seul port des EPI est insuffisante pour une protection optimale. C’est la prise de conscience par l’applicateur des moments réels de contamination et de la limite équipements proposés qui garantira l’efficacité de la protection. |
La MSA joue un rôle de veille et d’alerte concernant la santé et la sécurité. Elle participe à la prévention et à l’amélioration des conditions de travail des professionnels agricoles.
C’est en agissant auprès de l’ensemble de ces acteurs et sur les différentes dimensions du risque phytosanitaire que l’on espère obtenir une prévention optimale, c'est-à-dire adaptée au travail de l’homme et respectueuse de sa santé.
Contact Presse :
Delphine MARIE-JACOB : 01 41 63 72 41 Laura KOLSKI : 01 41 63 79 32
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