À l’origine, un constat : dans le Doubs, un nombre anormalement élevé d’agriculteurs souffrent d’insuffisance respiratoire. Dès 1985 ce problème alerte le service de pneumologie du CHU de Besançon et la MSA qui s’associent pour étudier et combattre les affections de ce type en milieu agricole. Afin de connaître plus précisément la fréquence de ces pathologies, un vaste programme de dépistage est mis en place sur l’ensemble du département et réalisé à l’occasion des examens de santé proposés par la MSA.
L’inhalation de poussières en cause
Les résultats corroborent les premières observations : environ 10 % des actifs agricoles sont victimes de problèmes respiratoires aigus ou chroniques d’origine professionnelle. Devant cette situation, il faut agir : déjà mieux comprendre ce phénomène, étudier les causes et les mécanismes de ces maladies et parallèlement répondre aux inquiétudes des personnes concernées. D’où la mise en œuvre par la MSA, sur plusieurs années, de campagnes d’information ainsi que de travaux en matière de prévention des risques comme l’étude de l’effet des masques de protection respiratoire ou celle de l’influence des modes de conditionnement des fourrages, en collaboration avec la Chambre d’agriculture. De leur côté, les spécialistes du service de mycologie-parasitologie du CHU de Besançon analysent l’influence de certains facteurs climatiques et professionnels sur la contamination des fourrages par des micro-organismes pathogènes. Car ces Pappa (pathologies pulmonaires professionnelles agricoles) – un terme qui regroupe différentes affections - sont pour l’essentiel dues à l’inhalation répétée de poussières provenant du foin, de la paille, des céréales qui, s’ils moisissent du fait de mauvaises conditions de récolte, notamment de l’humidité, peuvent être contaminés et qui souvent contiennent de la terre. Dans cette région de production laitière, elles touchent tout particulièrement les éleveurs, et les salariés soumis aux mêmes expositions, et peuvent avoir des conséquences sociales et économiques sérieuses allant jusqu’à obliger le patient à cesser son activité.
Apporter aux patients le meilleur rapport qualité de soins/qualité de vie
Alors que faire pour améliorer leur prévention, leur prise en charge maintenant que bien des connaissances scientifiques sont acquises ? Créer un réseau de santé, ce qui permet d’optimiser et de coordonner les moyens permettant d’apporter au patient le meilleur rapport qualité de soins/qualité de vie. C’est ce qui a été fait l’an dernier. Le réseau d’allergologie de Franche-Comté baptisé Pappa, association loi 1901, a vu le jour en avril 2006. Peuvent bénéficier ainsi de conseils, d’une aide ou d’une prise en charge pluridisciplinaire, tous les salariés ou non salariés agricoles, actifs ou retraités ou encore ayant droit, demeurant en Franche-Comté qui présentent des problèmes respiratoires liés directement ou indirectement à des activités agricoles. Que leur apporte le dispositif ? Différentes possibilités en matière d’informations (transmises par les professionnels de santé ou l’assistante-coordonnatrice du réseau), de consultations - d’un médecin du travail MSA, d’un médecin conseil MSA, d’un pneumologue - ou de spécialistes des analyses de fourrage du service mycologie-parasitologie du CHU. Sont également proposés une visite d’exploitation effectuée par un conseiller en prévention de la MSA et différents conseils sur les pratiques agricoles, l’organisation des locaux professionnels, la préservation des fourrages… Enfin la MSA peut apporter des aides pour l’achat d’appareils de protection respiratoires individuels (masques, filtres…) ou pour l’amélioration des conditions de travail notamment dans certains cas par l’intermédiaire de l’Agefiph (agence pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Ce sont donc tout un éventail de compétences, toute une panoplie de services qui sont mis à disposition des actifs agricoles participant à ce réseau.
Marie-Luce Gazé Desjardins
La composition du réseau
Le réseau Pappa regroupe :
-
des médecins généralistes du milieu rural ;
-
des spécialistes pneumologues et allergologues de ville et hospitaliers ;
-
des médecins du travail et conseillers en prévention de la MSA ;
-
des médecins conseils MSA
-
des professionnels du service de pneumologie et de parasitologie du
CHU ;
-
la profession agricole et les usagers.
Le réseau PAPPA : pages 12 à 16 du dossier"Organisation des soins".